LES EXPOSITIONS

J'ai eu la chance de commencer à exposer mes chiens en 1972, à une époque où le labrador était pratiquement inconnu sur le continent, et où, par conséquent, les résultats des jugements n'avaient aucune connotation commerciale.

J'ai connu les ambiances courtoises et feutrées, les juges compétents et intègres, les vieux maîtres anglais, par conséquent éleveurs chevronnés, invités à apporter leur expérience à l'élevage balbutiant d'alors, qui donnaient aux expositions toute leur valeur d'enseignement, et m'ont appris à élever dans le bon sens.

A l'époque, on aurait entendu une mouche voler auprès des labradors, et les concurrents, qui ne se seraient jamais permis d'aborder un juge, suivaient religieusement, dans le silence au bord du ring, le déroulement des opérations.

Le succès du labrador a transformé ces manifestations en foires d'empoigne où fusent les insultes quand on n'en vient pas aux mains...

La photo ci-dessus est prise lors de l'exposition nationale d'élevage de 1996, la dernière où j'aurais mis les pieds, tout comme j'avais abandonné les field trials en 1989, et je rejoins totalement Pierre Karmazyn qui élève ses labradors sous l'affixe "Friche Menuet" sur son coup de gueule au sujet des juges de travail. La situation est comparable en ce qui concerne les juges d'expositions dont un certain nombre a renoncé à élever après des essais décevants, d'autres n'ont jamais élevé un labrador, et d'autres enfin n'ont jamais rien élevé du tout!

Je préfère le calme de mon élevage et la compagnie de mes chiens aux contraintes de ces fastidieux déplacements qui m'obligeaient à les quitter sans que cela ne m'apporte plus le moindre enseignement cohérent.

Cohérente jusqu'au bout je m'abstiendrai de citer un seul des nombreux résultats qu'ils avaient remportés au fil des années.

 Quelques coupes de l'époque

Les résultats d'exposition ne sont plus que d'indéniables arguments commerciaux qui ne reposent, faut-il le rappeler, que sur l' appréciation personnelle du juge. Je considère, pour ma part, que lorsqu'ils sont mérités,  ils sanctionnent avant tout un résultat d'élevage, pour autant que l'on ait soi-même élevé le chien concerné, et ne constituent que rarement  une référence significative pour élever

La dernière fois que l'on m'a proposé un chiot anglais, j'ai eu toutes les peines du monde à connaître son pédigrée. L'éleveur se bornait à me vanter les résultats de la mère en exposition, ce qui ne m'intéresse plus, je sais trop comment les choses se passent aujourd'hui, mais, bien plus grave, ce dont je suis venue à me méfier.

J'avais expressément fait savoir qu'il était exclu que le chiot descende de deux champions particuliers dont j'ai pu personnellement constater les dégâts qu'ils engendraient. Quand j'ai enfin pu prendre connaissance des origines du chiot, je l'ai refusé, ces deux mâles, qui avaient été très sollicités, puisque moins on est compétent plus on se laisse abuser par les titres, étaient au pédigrée .

Acquérir un chien de race, c'est acquérir un chien qui correspond au standard de la race, qui en a toutes les caractéristiques physiques et mentales, qu'il soit ou non destiné à la compétition. Du reste, on voit de tout en exposition, y compris des vainqueurs qui boitent.

Aussi, dire "je ne veux pas un chien de concours, juste un chien de compagnie" n'a aucun sens. Si l'on souhaite acquérir un labrador, c'est pour toutes ses qualités, et si c'est un labrador, il doit répondre à ses promesses, inutile dans le cas contraire de se tourner vers un chien de race.

On oublie trop que l'élevage d'une race est un véritable métier qui ne s'acquiert qu'à l'expérience. Que de jeunes éleveurs s'arrangent pour acheter des adultes avec la promesse qu'ils brilleront en exposition, c'est, bien sûr, un premier pas vers la notoriété. Mais ce que ces chiens vont reproduire, et l'enseignement qu'ils vont en tirer, c'est tout une autre histoire.

J'ai vu le labrador devenir à la mode, et la  race attirer les convoitises. Selon les étalons outrancièrement mis en avant par le club de race, qui, en apportant de substantiels profits à leurs propriétaires  ont aussi, hélas modifié le paysage de l'élevage français, il y a eu la "mode" des têtes de fouines, des têtes molossoïdes, des labradors à poil ras, des labradors de poche, des yeux ronds et trop foncés, des expressions dures, des oreilles mal implantées, des museaux tronqués etc... quant au caractère, n'en parlons pas.

C'est quand on a commencé à me prendre à parti parce que je refusais de suivre ces "modes" que j'ai dit STOP aux expositions.


J'ai vu des éleveurs en herbe et autres "marchands de saillies" portés aux nues puis disparaître, et bien des têtes de décideurs tomber. A l'écart de cette effervescence, j'élève toujours les labradors que j'aime, dans le respect du standard, en ne tenant compte que de mon expérience et de mon instinct.

Je ne vends pas mes chiots pour les expositions, ce ne sont pas des faire-valoir, ils sont programmés depuis plus de trente ans pour remplir leur mission auprès des familles qu'ils intègrent et où ils finiront leur vie. Les fanatiques des expositions n'ont pas toujours assez de connaissances pour ne pas se fier à l'avis du premier juge venu qui n'a pas le dixième de mon expérience, ils n'hésitent pas, par conséquent, à se débarrasser d'un chien qu'un juge n'a pas aimé (c'est ainsi que j'ai récupéré Gary, Les Noirs), et ça, je ne le tolère pas.

En revanche, je suis ravie que Mme.Domeland, élevage des Hauts d'Alsace, ait décidé de se séparer de P'tit-Ome  du Valhalla qu'un juge n'avait pas aimé. On peut voir P'tit-Ome à la page 41 de l'album de famille. C'est sans commentaire.

Pour les mêmes raisons et pour garder le contrôle sur mes lignées, je ne vends pas davantage pour l'élevage que je ne vends de saillies.

Un labrador du Valhalla  n'existe qu'au Valhalla
 

 

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